# Comment voyager au Vietnam de façon éthique ?
Le Vietnam fascine par la diversité de ses paysages, de la baie d’Halong aux rizières en terrasses de Sapa, en passant par les villes historiques comme Hoi An. Pourtant, derrière ces décors de cartes postales se cachent des défis environnementaux et sociaux majeurs. La pollution plastique menace les écosystèmes marins, le tourisme de masse dégrade certains sites emblématiques, et les communautés locales ne bénéficient pas toujours équitablement des retombées économiques. Face à ces enjeux, adopter une approche responsable devient indispensable pour préserver l’authenticité du pays et garantir que votre passage contribue positivement au développement local. Voyager de manière éthique au Vietnam implique des choix concrets : sélectionner des prestataires engagés, limiter son empreinte carbone, respecter les populations et protéger la biodiversité. Cette démarche transforme votre séjour en une expérience plus riche et plus respectueuse.
Sélectionner des opérateurs touristiques certifiés travelife et ATR au vietnam
Choisir un voyagiste ou une agence locale engagée constitue la première étape d’un voyage responsable. Les certifications et labels offrent des garanties précieuses sur les pratiques environnementales et sociales des prestataires. Au Vietnam, plusieurs organismes internationaux et nationaux permettent d’identifier les acteurs du tourisme qui s’investissent réellement dans une démarche durable.
Identifier les agences labellisées par l’association pour le tourisme responsable
L’Association pour le Tourisme Responsable (ATR) regroupe des professionnels du voyage engagés dans une démarche éthique. Les membres de cette association s’engagent à respecter une charte exigeante couvrant la protection de l’environnement, le respect des populations locales et la transparence commerciale. Pour le Vietnam, plusieurs voyagistes français membres de l’ATR proposent des circuits intégrant des visites chez l’habitant, des rencontres avec des artisans et des contributions financières directes aux communautés visitées. Vérifier l’adhésion d’une agence à l’ATR vous permet de vous assurer que votre voyage respecte des standards élevés en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Privilégier les tour-opérateurs membres du réseau travelife certified
Travelife constitue l’un des principaux systèmes de certification pour l’industrie touristique mondiale. Cette organisation évalue les tour-opérateurs selon plus de 150 critères portant sur la gestion environnementale, les droits humains, la protection des enfants et les relations avec les fournisseurs locaux. Les entreprises certifiées Travelife font l’objet d’audits réguliers garantissant le maintien de leurs engagements. Au Vietnam, opter pour un voyagiste détenteur de cette certification signifie que l’ensemble de la chaîne de prestation—hébergements, transporteurs, guides—a été évalué selon ces normes rigoureuses. Cette approche globale garantit une cohérence dans la démarche responsable tout au long de votre séjour.
Vérifier les certifications green lotus et vietnam responsible tourism
Le Vietnam a développé ses propres labels pour encourager les pratiques durables dans le secteur touristique. Le programme Green Lotus, lancé par le ministère vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme, évalue les hôtels, restaurants et sites touristiques selon des critères environnementaux stricts : gestion de l’eau, efficacité énergétique, traitement des déchets et sensibilisation du personnel. Les établissements sont classés de un à cinq lotus selon leur niveau d
p>’engagement. En préparant votre voyage au Vietnam, prenez le temps de consulter les sites officiels des labels ou de demander directement à l’hébergement sa fiche d’évaluation Green Lotus ou Vietnam Responsible Tourism. Cette vérification en amont vous aide à éviter le « greenwashing » et à soutenir les acteurs réellement impliqués dans la transition écologique du tourisme vietnamien.
Comparer les engagements RSE des voyagistes evaneos et voyageurs du monde
Parmi les agences francophones proposant des voyages au Vietnam, Evaneos et Voyageurs du Monde se distinguent par leurs engagements en matière de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Evaneos travaille avec des agences locales indépendantes, souvent engagées dans le tourisme communautaire et l’écotourisme ; l’accent est mis sur la limitation des vols internes, la rémunération juste des guides et l’appui à des projets sociaux ou environnementaux dans les régions visitées. Voyageurs du Monde, de son côté, a mis en place une politique de compensation carbone intégrale de ses voyages et soutient divers programmes de reforestation et de protection de la biodiversité.
Pour choisir de manière éclairée, vous pouvez comparer plusieurs critères : existence d’un bilan carbone public, pourcentage de voyages incluant des hébergements labellisés, transparence sur la rémunération des prestataires locaux et présence d’un fonds de soutien à des projets au Vietnam. Lire les rapports RSE, les chartes éthiques et les engagements concrets (par exemple, abandon progressif des vols domestiques quand le train est possible) vous permettra de sélectionner le voyagiste dont la vision du voyage responsable se rapproche le plus de vos valeurs.
Réduire son empreinte carbone durant le trajet Paris-Hanoï et les déplacements internes
Le transport aérien représente la plus grande part de l’empreinte carbone d’un voyage au Vietnam. Un aller-retour Paris-Hanoï émet en moyenne entre 2 et 3 tonnes de CO₂ par personne, soit plusieurs mois d’émissions d’un citoyen vietnamien. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à tout voyage lointain, mais qu’il est nécessaire de voyager moins souvent, plus longtemps, et de compenser de manière sérieuse ce qui ne peut être évité. Une fois sur place, privilégier les trains, bus interurbains et mobilités douces permet de réduire fortement les émissions liées aux déplacements internes.
Compenser les émissions du vol international via gold standard ou VCS
La compensation carbone ne remplace pas la réduction des émissions, mais elle constitue un complément intéressant pour un voyage long-courrier. Pour un trajet Paris-Hanoï, vous pouvez calculer vos émissions sur le calculateur d’un label reconnu (souvent intégré aux plateformes de réservation) puis acheter des crédits carbone auprès de programmes certifiés Gold Standard ou VCS (Verified Carbon Standard). Ces standards garantissent que les projets financés—reforestation, énergies renouvelables, efficacité énergétique—sont réellement additionnels, vérifiés et qu’ils bénéficient aussi aux communautés locales.
Pour rester cohérent avec votre voyage éthique au Vietnam, privilégiez les projets situés en Asie du Sud-Est ou au Vietnam même, par exemple des programmes de biomasse, de traitement des déchets ou de reboisement de mangroves qui protègent les côtes. Vérifiez que les projets intègrent une dimension sociale (accès à l’énergie, emplois locaux, renforcement des capacités) et non uniquement climatique. Enfin, voyez la compensation comme un « dernier geste » après avoir déjà optimisé votre itinéraire : limiter les vols internes, rester plus longtemps sur place, regrouper vos visites par région.
Utiliser le réseau ferroviaire reunification express entre hanoï et ho chi Minh-Ville
Le réseau ferroviaire vietnamien, et en particulier la ligne dite « Reunification Express » reliant Hanoï à Ho Chi Minh-Ville, offre une alternative bas carbone intéressante aux vols domestiques. Sur plus de 1 700 kilomètres, les trains desservent des villes clés comme Ninh Binh, Hué, Da Nang ou Nha Trang. En choisissant un train de nuit en couchette, vous économisez une nuit d’hôtel tout en réduisant d’un facteur 3 à 5 vos émissions par rapport à un vol intérieur. C’est aussi l’occasion de découvrir le pays à un rythme plus lent, de discuter avec les voyageurs vietnamiens et d’observer les paysages défiler.
Pour intégrer le Reunification Express dans un itinéraire responsable, vous pouvez, par exemple, monter à bord à Hanoï, faire halte à Ninh Binh pour la « baie d’Halong terrestre », puis poursuivre jusqu’à Hué et Da Nang sans prendre l’avion. Réserver à l’avance, surtout en haute saison, permet d’obtenir des billets en couchette molle (plus confortables) et de choisir les horaires les plus pratiques. En combinant cette option ferroviaire avec quelques trajets en bus locaux pour les régions reculées, vous construisez un voyage cohérent sur le plan climatique sans renoncer à la diversité des étapes.
Privilégier les vélos électriques dans le delta du mékong et hoi an
Une fois dans les régions plus calmes comme le delta du Mékong ou les alentours de Hoi An, les vélos classiques ou électriques deviennent un excellent moyen de déplacement. Ils permettent de réduire à presque zéro vos émissions quotidiennes, tout en offrant un contact direct avec les paysages et les habitants. De nombreuses maisons d’hôtes et écolodges proposent désormais la location de vélos électriques, parfois couplée à des visites guidées des villages, des jardins potagers ou des ateliers d’artisans.
Dans le delta du Mékong, parcourir les chemins entre vergers, canaux et marchés flottants à vélo vous donne la possibilité de vous arrêter spontanément chez un producteur, de discuter avec une famille ou de visiter une petite pagode. Autour de Hoi An, les vélos électriques sont idéals pour relier la vieille ville, les rizières de Cam Thanh et la plage d’An Bang sans contribuer aux embouteillages ni à la pollution. Pensez à vérifier l’état des batteries, à respecter le code de la route local—où les deux-roues sont omniprésents—et à éviter les heures les plus chaudes de la journée pour garder cette mobilité douce agréable et sûre.
Séjourner dans des hébergements écoresponsables certifiés au vietnam
L’hébergement représente un poste clé pour voyager au Vietnam de façon éthique. Entre les homestays gérés par des familles, les écolodges isolés au milieu des rizières et les hôtels urbains certifiés, vos choix orientent directement les pratiques locales : gestion de l’eau, des déchets, emploi de travailleurs locaux et part des revenus restant dans le pays. En privilégiant des hébergements labellisés ou porteurs d’une démarche claire, vous transformez vos nuits sur place en soutien concret à un tourisme plus durable.
Réserver des homestays communautaires à sapa et mai chau
Les homestays communautaires à Sapa, Mai Chau ou dans la réserve de Pu Luong permettent de partager le quotidien des minorités ethniques tout en assurant une redistribution plus équitable des revenus du tourisme. Dans ces hébergements, les familles mettent à disposition des chambres ou des dortoirs simples, parfois installés dans des maisons sur pilotis, et préparent des repas à base de produits locaux. Les bénéfices servent souvent à financer la scolarisation des enfants, l’amélioration de l’habitat ou des projets collectifs (adduction d’eau, rénovation d’une école).
Pour éviter les dérives du « folklore de masse », privilégiez les homestays intégrés dans des programmes de tourisme communautaire encadrés par des ONG ou des agences spécialisées. Ils veillent à la répartition des revenus entre familles, à la limitation du nombre de visiteurs et au respect des rythmes de vie locaux. Avant de réserver, n’hésitez pas à poser des questions : comment sont fixés les prix ? Qui gère l’argent ? Quelles sont les règles de visite (alcool, photos, participation aux travaux) ? Cette transparence est un bon indicateur du sérieux de la démarche.
Choisir des écolodges certifiés green key dans la baie d’halong terrestre
Dans la région de Ninh Binh, souvent appelée baie d’Halong terrestre, plusieurs écolodges ont obtenu la certification internationale Green Key. Ce label exige un engagement élevé en matière de réduction de la consommation d’eau et d’énergie, de gestion des déchets, d’utilisation de produits d’entretien écologiques et de formation du personnel aux enjeux du développement durable. En séjournant dans un tel écolodge, vous limitez concrètement votre impact, sans pour autant renoncer au confort ni au cadre exceptionnel des paysages karstiques.
Avant de réserver, vérifiez que la certification Green Key est toujours active et non simplement revendiquée à titre marketing. Les établissements sérieux affichent souvent un plan d’action environnemental détaillé sur leur site, mentionnent des objectifs chiffrés (par exemple, réduction de X % de la consommation d’eau par nuitée) et proposent aux voyageurs des gestes simples : réutilisation des serviettes, tri des déchets, bouteilles d’eau réutilisables à disposition. En choisissant un hébergement ainsi engagé, vous envoyez un signal clair au secteur : la performance environnementale est un critère de choix pour les visiteurs internationaux.
Opter pour des hôtels membres du programme green lotus à da nang
À Da Nang et dans d’autres grandes villes littorales, le programme Green Lotus constitue un repère utile pour identifier les hôtels les plus vertueux. Les établissements labellisés doivent respecter un cahier des charges couvrant l’isolation, la réduction des plastiques à usage unique, l’intégration paysagère ou encore le recours à des fournisseurs locaux. Plus le nombre de lotus est élevé, plus le niveau d’exigence atteint est important—un peu comme les étoiles, mais pour l’empreinte écologique.
Dans un contexte de forte pression immobilière sur le littoral central, soutenir les hôtels Green Lotus signifie encourager des projets moins destructeurs pour les dunes, les mangroves et les zones de pêche traditionnelles. Lors de votre séjour à Da Nang, interrogez l’hôtel sur ses actions concrètes : a-t-il installé des panneaux solaires ? Travaille-t-il avec des coopératives de pêcheurs ou des fermes environnantes ? Propose-t-il des activités de sensibilisation à la protection du littoral ? Ces échanges vous permettront aussi de mieux comprendre les enjeux locaux, au-delà de la simple notation du label.
Privilégier les établissements LEED et earthcheck dans les zones urbaines
Dans les grandes villes comme Hanoï ou Ho Chi Minh-Ville, certains hôtels et bâtiments touristiques sont certifiés selon des standards internationaux comme LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) ou EarthCheck. Ces référentiels analysent l’empreinte globale du bâtiment : choix des matériaux, efficacité énergétique, qualité de l’air intérieur, gestion de l’eau, mais aussi mobilité douce et intégration dans le tissu urbain. Choisir ce type d’hébergement revient à soutenir une approche plus durable de l’urbanisation dans un pays où la consommation d’énergie augmente rapidement.
Pour identifier ces établissements, vous pouvez consulter les sites des certifications ou contacter directement les hôtels pressentis. Là encore, posez des questions : y a-t-il des bornes de recharge pour vélos ou voitures électriques ? L’hôtel mesure-t-il et publie-t-il sa consommation d’énergie par nuitée ? Quelles actions sont menées pour réduire le gaspillage alimentaire au buffet du petit-déjeuner ? Cette démarche de « consommateur averti » incite les acteurs urbains à aller plus loin dans leurs engagements, au bénéfice de la ville comme de ses habitants.
Pratiquer un tourisme participatif respectueux des minorités ethniques h’mong et dao
Les régions montagneuses du Nord, autour de Sapa, Bac Ha ou Ha Giang, attirent de nombreux visiteurs curieux de découvrir les minorités H’mong, Dao, Tay ou Nung. Si ces rencontres peuvent être riches et émouvantes, elles peuvent aussi, lorsqu’elles sont mal encadrées, conduire à une folklorisation des cultures et à une perte d’intimité pour les habitants. Voyager au Vietnam de façon éthique suppose donc d’adopter un comportement respectueux, de privilégier les projets co-construits avec les communautés et d’éviter les expériences trop « mises en scène » pour les touristes.
Éviter les villages-vitrines de bac ha et cat cat
Certaines localités, comme le village de Cat Cat près de Sapa ou certains hameaux autour de Bac Ha, ont été fortement transformées par le tourisme. Boutiques alignées, spectacles répétés, enfants en costume traditionnel posant pour les photos contre quelques billets : ces « villages-vitrines » donnent une image figée et commerciale des cultures montagnardes. En tant que voyageur, vous pouvez choisir d’éviter ces sites les plus saturés, ou de vous y rendre avec un regard critique, sans encourager les pratiques qui exploitent les plus vulnérables, notamment les enfants.
Privilégier des itinéraires de randonnée un peu plus longs, accompagnés d’un guide local formé au tourisme responsable, permet de rejoindre des villages moins fréquentés où les échanges sont plus authentiques. Cela suppose parfois de renoncer à certains lieux « instagrammables », mais vous y gagnez en qualité de rencontre et en respect des habitants. N’hésitez pas à demander à votre agence comment elle sélectionne les villages visités et si elle limite le nombre de groupes par jour dans une même communauté.
Participer aux initiatives de tourisme communautaire à ta van et lao chai
Des villages comme Ta Van ou Lao Chai, dans la vallée de Muong Hoa, ont développé des projets de tourisme communautaire visant à reprendre la main sur la manière dont les visiteurs sont accueillis. Les familles y gèrent collectivement des homestays, des services de restauration et parfois des ateliers de découverte (teinture à l’indigo, tissage, cuisine traditionnelle). Les règles de visite sont discutées en amont : horaires, nombre de touristes accueillis, photographies, participation éventuelle aux travaux agricoles.
En tant que visiteur, vous pouvez soutenir ces initiatives en réservant directement via les comités villageois ou par des agences qui travaillent avec eux sur le long terme. Posez des questions sur la répartition des revenus, sur la participation des femmes aux décisions ou sur les actions menées pour préserver les savoir-faire. Votre intérêt sincère pour ces aspects renforcera la légitimité des communautés à revendiquer un tourisme à leur image, plutôt qu’imposé de l’extérieur.
Respecter les protocoles photographiques dans les régions montagnardes du tonkin
La photographie peut être un formidable outil de partage, mais elle peut aussi être vécue comme intrusive si elle n’est pas pratiquée avec tact. Dans les régions montagnardes du Tonkin, demander l’autorisation avant de prendre une personne en photo est une règle de base, particulièrement pour les femmes âgées ou les enfants. Un simple sourire, un « xin chào » et un geste interrogatif suffisent souvent à ouvrir le dialogue. Si la personne refuse ou se montre gênée, respectez sa décision sans insister.
Évitez également les situations qui encouragent la mendicité infantile, par exemple en donnant de l’argent à un enfant en échange d’un portrait. Préférez acheter un produit artisanal à un adulte ou faire un don à une association locale lorsqu’elle existe. Enfin, réfléchissez à l’usage de vos photos : comment souhaitez-vous présenter ces personnes une fois de retour ? Les montrer comme des sujets de curiosité ou comme des partenaires de rencontre ? En vous posant ces questions, vous transformez l’acte photographique en véritable pratique éthique.
Contribuer à la préservation des écosystèmes vietnamiens vulnérables
Le Vietnam abrite une biodiversité remarquable, mais fortement menacée par la déforestation, la surpêche, la pollution plastique et le braconnage. Les récifs coralliens de Con Dao, les forêts de Phong Nha-Ke Bang ou les zones humides du delta du Mékong figurent parmi les écosystèmes les plus vulnérables. En tant que voyageur, vous pouvez soit amplifier les pressions qui pèsent sur ces milieux, soit contribuer à leur protection en choisissant soigneusement vos activités et vos comportements.
Participer aux programmes de protection des récifs coralliens de con dao et phu quoc
Autour de Con Dao et Phu Quoc, des programmes de restauration et de protection des récifs coralliens sont menés par les parcs nationaux et parfois par des ONG. Certains centres de plongée ou de snorkeling travaillent en partenariat avec ces programmes : formation des guides, participation à des opérations de nettoyage sous-marin, collecte de données sur l’état des coraux. En choisissant ces opérateurs plutôt que des excursions de masse, vous soutenez des pratiques plus respectueuses du milieu marin.
Sur place, quelques gestes simples font la différence : ne jamais marcher ni poser pied ou palmes sur le corail, utiliser une crème solaire « reef-safe » sans filtres chimiques nocifs, ne rien prélever (coquillages, fragments de corail) et ne pas nourrir les poissons. Si vous voyez des déchets flottants, vous pouvez en ramasser quelques-uns lorsque c’est sans danger. Ce sont de petites actions, mais multipliées par des milliers de voyageurs, elles contribuent à limiter la dégradation de ces écosystèmes déjà fragilisés par le réchauffement climatique.
Éviter les interactions avec les animaux sauvages dans le parc national de phong Nha-Ke bang
Le parc national de Phong Nha-Ke Bang, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est connu pour ses grottes spectaculaires, mais aussi pour sa faune : primates, chauves-souris, oiseaux rares. Pour préserver cet équilibre, il est essentiel d’éviter toute interaction directe avec les animaux sauvages. Cela implique de ne pas les nourrir, de ne pas tenter de les approcher de trop près pour une photo et de respecter le silence dans les grottes afin de ne pas perturber les colonies de chauves-souris.
Lorsque vous choisissez une excursion dans le parc, privilégiez les opérateurs qui limitent la taille des groupes, respectent les sentiers balisés et incluent un volet de sensibilisation à la faune et à la flore. Méfiez-vous des propositions d’« expériences » impliquant la capture, la manipulation ou la détention d’animaux sauvages—même si elles sont présentées comme traditionnelles. En refusant ces activités, vous envoyez un message clair : la valeur de la nature vietnamienne réside dans sa liberté, pas dans sa mise en scène.
Soutenir les sanctuaires de primates du parc national de cuc phuong
Le parc national de Cuc Phuong abrite plusieurs centres de conservation, dont le Endangered Primate Rescue Center dédié au sauvetage et à la réhabilitation de gibbons, langurs et autres primates menacés par la chasse ou le trafic. Une visite encadrée de ces sanctuaires vous permet de mieux comprendre les enjeux de la protection de la faune au Vietnam, tout en finançant des opérations concrètes : soins vétérinaires, programmes de réintroduction, campagnes de sensibilisation destinées aux populations locales.
Pour que cette visite reste éthique, respectez les consignes des soigneurs : garder vos distances, ne pas chercher à toucher les animaux, limiter le bruit et les photographies au flash. Les primates recueillis ne sont pas là pour divertir, mais parce qu’ils n’auraient pas survécu autrement. Voir leur regard, entendre leur cri dans la forêt est une expérience forte, qui rappelle à quel point nos choix de consommation (bois, viande de brousse, souvenirs exotiques) peuvent avoir des effets en chaîne sur des espèces déjà en danger critique.
Refuser les produits issus de la faune menacée sur les marchés de hanoï
Sur certains marchés vietnamiens, y compris à Hanoï, il arrive encore de voir des produits issus de la faune sauvage : alcool de serpent, peaux, carapaces de tortue, cornes ou fragments supposés médicinaux. Au-delà de leur illégalité potentielle, ces objets alimentent un commerce qui participe directement au déclin d’espèces déjà menacées. Comme voyageur, votre pouvoir le plus immédiat est de refuser catégoriquement d’acheter ces produits et, lorsque c’est possible, de signaler les situations les plus flagrantes à votre guide ou à votre agence.
En parallèle, orientez vos achats vers des alternatives éthiques : artisanat en bambou, textiles tissés localement, laque ou céramique provenant d’ateliers identifiés. Rappelez-vous que chaque euro dépensé envoie un signal au marché : encourager des produits respectueux de la biodiversité, c’est contribuer, à votre échelle, à inverser la logique de prédation encore trop présente.
Adopter une consommation responsable et équitable au quotidien
Voyager de manière éthique au Vietnam ne se résume pas au choix du voyagiste ou de l’hébergement. Au quotidien, vos décisions de consommation—où vous mangez, ce que vous achetez, comment vous gérez vos déchets—ont un impact direct sur l’économie locale et sur l’environnement. En adoptant quelques réflexes simples, vous pouvez soutenir un tissu de petits producteurs, restaurateurs et artisans qui font vivre une autre forme de tourisme, plus juste et plus durable.
Acheter des produits artisanaux directement auprès des coopératives fair trade
Les coopératives Fair Trade, présentes notamment dans les régions de Sapa, Mai Chau, Hoi An ou autour de Hanoï, regroupent des artisans qui travaillent selon des conditions plus équitables : rémunération juste, respect des rythmes de production, valorisation des savoir-faire traditionnels. Y acheter une étole tissée main, une pièce de brocatelle ou un objet en bambou signifie que la plus grande partie du prix payé revient au producteur, et non à une chaîne d’intermédiaires.
Pour les repérer, recherchez les mentions de commerce équitable dans les boutiques ou demandez conseil à votre hébergeur responsable. Les coopératives sérieuses fournissent souvent des informations sur l’origine des matières premières, l’ethnie productrice, le temps de travail nécessaire à chaque pièce. Évitez les copies industrielles vendues à très bas prix sur les marchés les plus touristiques : si un textile élaboré coûte moins cher qu’un t-shirt de fast fashion, il y a de fortes chances qu’il ne soit ni authentique, ni produit dans des conditions éthiques.
Privilégier les restaurants pratiquant le farm-to-table à dalat et hoi an
À Dalat, région agricole par excellence, et à Hoi An, certains restaurants adoptent une démarche « farm-to-table » : menus élaborés à partir de produits frais issus de fermes partenaires, respect de la saisonnalité, réduction du gaspillage alimentaire. Manger dans ces établissements, c’est réduire l’empreinte carbone liée au transport des aliments, encourager des pratiques agricoles plus respectueuses des sols et soutenir des circuits courts qui profitent aux petits producteurs.
Comment les reconnaître ? Beaucoup indiquent l’origine de leurs ingrédients sur la carte, mentionnent des jardins potagers biologiques ou des fermes avec lesquelles ils collaborent. Certains proposent même des visites de leurs parcelles ou des ateliers de cuisine où vous apprenez à préparer des plats vietnamiens à partir de produits bruts. En les choisissant, vous transformez un simple repas en acte de soutien à une agriculture plus durable—et en moment de découverte culinaire authentique.
Réduire les déchets plastiques en utilisant des gourdes filtrantes LifeStraw
La pollution plastique est l’un des principaux fléaux environnementaux au Vietnam, en particulier dans les zones côtières et le delta du Mékong. Les bouteilles d’eau jetables consommées par les touristes représentent une part non négligeable de ces déchets. Pour limiter votre impact, emporter une gourde réutilisable, idéalement équipée d’un filtre intégré type LifeStraw ou équivalent, est un geste simple mais puissant. Elle vous permet de boire de l’eau potable à partir de robinets ou de bonbonnes filtrées, sans recourir systématiquement à des bouteilles en plastique.
De plus en plus d’hébergements responsables mettent à disposition des fontaines d’eau potable gratuites ou à prix symbolique pour remplir votre gourde. Vous pouvez compléter ce dispositif par quelques accessoires : sac en tissu pour vos achats, couverts réutilisables, paille en inox ou bambou. En adoptant ces réflexes, vous montrez aux prestataires locaux qu’il existe une demande pour des alternatives au plastique jetable, ce qui peut les inciter à accélérer leur propre transition. Au final, voyager au Vietnam de manière éthique, c’est aussi cela : aligner ses petits gestes quotidiens sur la vision d’un tourisme plus respectueux, pour que la beauté des paysages et la richesse des cultures puissent être transmises aux générations futures.